Il m’est arrivé tout récemment un truc inhabituel. On m’a expliqué (un peu maladroitement, mais là n’est pas le sujet) que j’avais passé l’âge pour prétendre participer à un projet[1].

Comme je ne suis pas – mais vraiment pas – persuadé d’être vieux[2], je m’étonne de la durable contrariété que ça me procure… Et puis ça me revient. Le problème n’est pas que j’aie l’âge que j’ai – qui m’importe relativement peu vue ma plutôt bonne santé. Le problème c’est la porte fermée. J’ai raté cette occasion, que j’aurais sûrement pu saisir si je m’en étais donné la peine il y a une dizaine d’années[3]. Le temps perdu ne se rattrape plus.

Le point d’ancrage est là, dans ma vieille angoisse de n’arriver pas à faire de ma vie quelque chose de valable. Et que mes atermoiements incessants, ma sale manie de fixer des objectifs inatteignables pour mieux me décourager de tenter l’aventure, pourraient bien m’empêcher de faire de ma vie… quelque chose… dont je puisse être satisfait.

Une fois ceci établi, yapluka ! On se retrousse les manches, on admet que c’est en marchant et pas en contemplant la carte qu’on avance, et c’est parti mon kiki !

Voilà, voilà, voilà…

Bon, je vais chercher un sujet rigolo pour la prochaine note, je reviens…

Notes

[1] pas à tout projet quel qu’il soit, hein, juste un projet sur lequel j’ai rencontré les responsables, pour qu’ils me disent ensuite qu’ils ne m’auditionneraient pas

[2] j’en ai connu, des vieillards de vingt-huit ans, c’est épuisant !

[3] tout sarcasme sur le fait qu’il y a une dizaine d’années ce projet n’existait pas dans le cerveau de ses concepteurs, qui étaient encore au jardin d’enfants sera considéré comme irrecevable